Lapsus Numérique #2 « Humain et Robots »

Edito par Sebastien Firpi

Un LN#2 pour un numéro 3.
Encore un pas au-delà du 0 et du 1.
C’est à la troisième marque que commence la répétition. Qu’est-ce que cela marque de ce que nous fabriquerons

comme inscription collective dans cette impression ?
Quel retour de ce qui se répète viendra faire trace de ce

que nous œuvrons ?
Nous transcrirons nos frappes de lettres, vous y lirez vos

traductions.

Pour ce troisième numéro nous avons souhaité questionner ce curieux engouement de ce qui se tient autour du déploiement de l’« intelligence artificielle » et sa machination d’artifices dans le lien social. De quoi ça parle de notre société contemporaine ?

« Humain et robot ». Deux termes antithétiques. L’un pour l’être de corps, de pulsion, être de parole ; et l’autre, flegma- tique, artifice de langage, désêtre numérisé. Nous préférerons y regarder ce que l’artiste-y-ficèle, par une œuvre de création marquée de la patte de l’homme toujours impuissant à l’atteinte de sa quête, robe-au-sujet qui l’habille mal.

Le problème n’est pas le robot en soi, mais la manière dont il est utilisé et ce que le lieu de sa présence vient signifier, sidé- rant bouchon à l’endroit de l’angoisse de la recherche subjective du savant. Impossible savoir total, bouleversant asservissement collectif.

Machine à humaniser ? Humain à machiner ? Pourquoi l’assembler de ce sur-plus sophistiqué esthétisé ? Palabre de parure mythifiée. Que de machins magnifiés venant si mal nous représenter…

Nous espérons que vous lirez là un regard à percer pour voir s’envoler la lueur de l’un-possible, leurre du possible, triste oublie de cette mirifique utopie pourtant chimère nécessaire au désir.

À vous.

Appel à Contributions LN#3 « L’amour »

Appel à Contributions écrites et artistiques
Lapsus Numérique #3 « L’Amour »

Argument :

Dans le mouvement qui anime notre collectif, il est un thème qui ne cesse de revenir sur le devant de la discussion : celui de l’amour. En effet, quoi de neuf sur l’amour à l’heure de l’effritement du lien social ? Il semble que, par un clivage ambiant entre l’amour et le sexe, on en arrive à penser un rapport sexuel logique, et régi par l’algorithme qui promet une rencontre amoureuse parfaite. L’illusion ainsi promue sous la forme d’un romantisme moderne qui prend l’aspect d’un catalogue de partenaires laisse le sujet dans une attente suspendue, une inhibition du désir, une consommation de l’autre. À la recherche de l’âme sœur chiffrable et calculable, l’amoureux devenu internaute ou utilisateur d’application de rencontres semble avoir oublié ce qu’il en est d’une rencontre amoureuse qui en passerait par la reconnaissance d’un manque en l’autre, un creux subjectif où pourrait venir se loger son désir.

Ainsi, que cherche-t-il ce Sujet, en faisant glisser à droite, à gauche, les partenaires potentiels ou ceux qu’il refuse sur la base d’une photo ? Du sexe ? De la rencontre ? Qu’attend-il de l’autre, et donc dans quelle posture se met-il lui-même pour le rencontrer ?

Quelle fonction pour l’amour, à l’heure de la rationalité ? L’amour peut-il encore occuper sa fonction de médiateur de la relation entre les sexes ? Comment conserver un rythme dans une relation, entre présence, absence, trop-plein et manque, à l’heure du tout-connecté ? Les réponses à l’énigme du contournement du manque se précisent alors du côté d’un évitement de la rencontre, soit sous la forme d’un renoncement célibataire contemporain, soit sous la forme d’un plaisir sexuel par la machine, une jouissance mécanisée. Les deux propositions témoignent d’une déshumanisation qui (im)pose question.

Et si l’amour ne vient plus occuper sa fonction médiatrice, que reste-t-il? On constate une représentation du sexe de plus en plus violente, de même qu’un collage identitaire, qu’il soit sur le terrain du genre ou sur celui de l’orientation sexuelle. Ainsi, après avoir forclos la tendresse et prescrit le fantasme, quelle place pouvons-nous encore accorder au malentendu ?

Consignes formelles :

Lapsus Numérique est une revue qui se veut affranchie des codes universitaires et académiques, tout en conservant une exigence intellectuelle rigoureuse et en s’adressant à un public large. Ainsi, afin de tordre les normes, voici notre proposition :

  • Votre article sera d’une longueur comprise entre 5000 et 9000 signes, espaces compris.
  • Nous vous invitons, si le propos de votre article s’y prête, à faire un chapô, un petit paragraphe de quatre ou cinq phrases annonçant votre thème, et attrapant la curiosité du lecteur.
  • Les références bibliographiques seront inscrites entre parenthèses à la suite d’une citation ou d’une évocation précise d’un texte. Exemple : (Freud, L’interprétation des Rêves, 1902). L’usage des notes de bas de page sera réservé à un ajout de contenu difficilement intégrable dans le texte lui-même. Il se voudra limité.
  • Nous vous encourageons vivement à proposer une bibliographie de quelques ouvrages en fin d’article, pour inviter le lecteur à approfondir la réflexion que vous ouvrez.
  • Enfin, nous vous invitons à mettre en exergue une phrase ou deux de votre article, à l’aide d’une police grasse par exemple. Ces phrases seront mises en valeur dans la construction graphique de votre article. Les contributions artistiques seront envoyées sous la forme qui convient à l’artiste.
  • Toutes les contributions devront être envoyées avant le 31 décembre 2019 à l’adresse : lapsusnumerique@gmail.com

Où acheter la revue ?

L’odeur du Temps
35 Rue Pavillon
13001 Marseille

L’Histoire de l’œil
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96 rue Saint Savournin
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Lapsus Numérique #1 « Les Murs : et si ils pouvaient Parler ? »

Edito par Romain Marsoul

Ils s’érigent, parfois s’effondrent, nous protègent, nous séparent, portent le toi/t. Pour cette édition N°1 l’équipe de Lapsus Numérique s’agrafe aux murs.

Imaginaires, symboliques ou réels, naturels ou de la main de l’homme montés, nus ou habillés, on me souffle à l’oreille que souvent les murs murent, levant dans les plaines des barrières ouvrant à la discorde.

Qu’ils fassent partie de l’Histoire, qu’ils soient l’objet de la colère du voisin, qu’ils viennent border la folie ou le néant, qu’on y appose un verre puis l’oreille pour y écouter au travers, qu’on les mutile ou les décore, qu’ils nous protègent… nous rassurent : les murs sont partout.

Depuis ce jour où nous avons quitté la grotte ils nous accompagnent dans leur formidable ambivalence.

Ils nous rassemblent dans nos divisions, nous ressemblent dans nos aversions et qu’on les coiffe de couronnes christiques à l’aide de barbelés ou les hérisse de bouts de verres coiffés-décoiffés, on ne veut pas qu’ils soient franchis. Franchement.

Alors, d’un côté ou de l’autre de ces miroirs sans reflet, réflexion faite, nous avons décidé de tenter la traversée ensemble.

Bonne lecture.

Lapsus Numérique #0

« Que viennent nous dire les Dystopies ? »

Edito par Jeremy Teboul :

Pour ce premier numéro, il nous semble important de définir un peu cet objet qu’est la revue #lapsus numérique. Mais tout d’abord, qui sommes-nous? Psychologues, professeurs, ingénieurs, musiciens, cinématographes, designers, intéressés par les questions de société et de cultures contemporaines, nous sommes une équipe de rédaction pour la revue, nous sommes la Clique Analytique sur les ondes, et nourrissons le site lapsusnumerique.com. À travers une approche des Humanités et de la psychanalyse, nous pourrions peut-être nous définir comme une équipe de recherche, ou en recherche d’éclairage?

Pourquoi le terme de lapsus numérique? Que serait un lapsus numérique? Sigmund Freud définissait le lapsus comme l’émergence inconsciente d’une vérité cachée, à travers un fourchement de langue ou de la main sur le papier, que la personne voulait garder tue et qui pourtant, s’exprime. Aujourd’hui, à l’heure du numérique, l’envoi d’un texto ou d’un mail est conditionné par un correcteur automatique qui, parfois, vient modifier notre message à notre insu, et qu’on envoie quand même. Erreur d’inattention nous justifions-nous souvent, rejetant la faute sur le correcteur, alors que le message envoyé vient traduire on ne peut mieux ce que nous ne souhaitions pas dévoiler à notre interlocuteur. Dans ces conditions, peut-on encore parler de lapsus ou d’acte manqué, de l’émergence de l’inconscient? En quoi le fait qu’il soit numérique le rendrait différent d’un bon vieux lapsus freudien? Même numérique, un lapsus paraît donc pouvoir dire la possibilité pour un énoncé d’être équivoque et prêter à interprétation.

À partir de ce Numéro 0, et de l’hypothèse que la dystopie viendrait révéler les pires aspects de la société pour la critiquer, nous proposons de décortiquer plusieurs des séries à l’affiche afin de relever ce qu’elles pourraient dire de notre actualité, de notre avenir, ou même de nous. En somme, les faire contemporaines. Comment se compose la revue?

Anthropocène : période géologique où les activités humaines ont une influence significative sur l’écosystème terrestre. Cette période peut paraître négative, car elle marque la destruction de l’environnement. Mais il y a aussi des actions marquantes que l’on peut voir chez les humains : qui

sont ceux qui font avancer l’ère de l’Homme? Dans cette catégorie parleront ceux qui agissent au quotidien pour un monde équilibré.

La collapsologie est l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder : doit-on continuer dans la croissance que le capitalisme nous impose? En acceptant que le monde tend à sa perte, commençons à construire gaiement une autre fin du monde, ensemble…