Appel à Contributions LN#3 « L’amour »

Appel à Contributions écrites et artistiques
Lapsus Numérique #3 « L’Amour »

Argument :

Dans le mouvement qui anime notre collectif, il est un thème qui ne cesse de revenir sur le devant de la discussion : celui de l’amour. En effet, quoi de neuf sur l’amour à l’heure de l’effritement du lien social ? Il semble que, par un clivage ambiant entre l’amour et le sexe, on en arrive à penser un rapport sexuel logique, et régi par l’algorithme qui promet une rencontre amoureuse parfaite. L’illusion ainsi promue sous la forme d’un romantisme moderne qui prend l’aspect d’un catalogue de partenaires laisse le sujet dans une attente suspendue, une inhibition du désir, une consommation de l’autre. À la recherche de l’âme sœur chiffrable et calculable, l’amoureux devenu internaute ou utilisateur d’application de rencontres semble avoir oublié ce qu’il en est d’une rencontre amoureuse qui en passerait par la reconnaissance d’un manque en l’autre, un creux subjectif où pourrait venir se loger son désir.

Ainsi, que cherche-t-il ce Sujet, en faisant glisser à droite, à gauche, les partenaires potentiels ou ceux qu’il refuse sur la base d’une photo ? Du sexe ? De la rencontre ? Qu’attend-il de l’autre, et donc dans quelle posture se met-il lui-même pour le rencontrer ?

Quelle fonction pour l’amour, à l’heure de la rationalité ? L’amour peut-il encore occuper sa fonction de médiateur de la relation entre les sexes ? Comment conserver un rythme dans une relation, entre présence, absence, trop-plein et manque, à l’heure du tout-connecté ? Les réponses à l’énigme du contournement du manque se précisent alors du côté d’un évitement de la rencontre, soit sous la forme d’un renoncement célibataire contemporain, soit sous la forme d’un plaisir sexuel par la machine, une jouissance mécanisée. Les deux propositions témoignent d’une déshumanisation qui (im)pose question.

Et si l’amour ne vient plus occuper sa fonction médiatrice, que reste-t-il? On constate une représentation du sexe de plus en plus violente, de même qu’un collage identitaire, qu’il soit sur le terrain du genre ou sur celui de l’orientation sexuelle. Ainsi, après avoir forclos la tendresse et prescrit le fantasme, quelle place pouvons-nous encore accorder au malentendu ?

Consignes formelles :

Lapsus Numérique est une revue qui se veut affranchie des codes universitaires et académiques, tout en conservant une exigence intellectuelle rigoureuse et en s’adressant à un public large. Ainsi, afin de tordre les normes, voici notre proposition :

  • Votre article sera d’une longueur comprise entre 5000 et 9000 signes, espaces compris.
  • Nous vous invitons, si le propos de votre article s’y prête, à faire un chapô, un petit paragraphe de quatre ou cinq phrases annonçant votre thème, et attrapant la curiosité du lecteur.
  • Les références bibliographiques seront inscrites entre parenthèses à la suite d’une citation ou d’une évocation précise d’un texte. Exemple : (Freud, L’interprétation des Rêves, 1902). L’usage des notes de bas de page sera réservé à un ajout de contenu difficilement intégrable dans le texte lui-même. Il se voudra limité.
  • Nous vous encourageons vivement à proposer une bibliographie de quelques ouvrages en fin d’article, pour inviter le lecteur à approfondir la réflexion que vous ouvrez.
  • Enfin, nous vous invitons à mettre en exergue une phrase ou deux de votre article, à l’aide d’une police grasse par exemple. Ces phrases seront mises en valeur dans la construction graphique de votre article. Les contributions artistiques seront envoyées sous la forme qui convient à l’artiste.
  • Toutes les contributions devront être envoyées avant le 31 décembre 2019 à l’adresse : lapsusnumerique@gmail.com